Avec les grandes améliorations des débits de connexion Internet et des plates-formes de plus en plus innovantes, le streaming musical a connu une montée en flèche depuis 2003, et est devenu une force importante du marché de la musique dans les années 2010. Cette année, le streaming effectue une nouvelle avancée symbolique : le streaming génère pour la première fois en France un chiffre d’affaires supérieur à celui des ventes physiques. Voici ce que disent les chiffres du marché français, de la musique.

Désormais pilier central de la vente de musique

En effet, le streaming représente maintenant plus de 50% des revenus du marché de la musique en France. C’est le résultat d’une augmentation constante du chiffre d’affaires généré par ce secteur, avec une croissance de 5,4% en 2016, 3,9% en 2017, et 1,8% en 2018, selon le rapport annuel du syndicat national de l’édition phonographique (Snep). La position du streaming musical par rapport aux autres types de vente digitale de musique est encore plus nette : malgré la baisse des revenus apportés par le téléchargement et les mobiles de 20%, le chiffre d’affaires du digital est tout de même passé de 41% à 57% en l’espace d’une année, et ce, grâce à la montée fulgurante des revenus du streaming de 26% durant cette même année.

Cette montée est due à l’énorme gain de popularité des abonnements. En effet, les abonnés à un service audio payant qui sont maintenant environ 5,5 millions et qui génèrent à eux seuls 41% des revenus des ventes de musique globales. Rappelons qu’ils ne représentaient que 8% de ces revenus il y a cinq an. Les plates-formes de streaming ont su séduire les consommateurs avec leurs interfaces plaisantes, leurs catalogues extrêmement vastes, leur qualité de son supérieure, et leurs services de playlists de recommandations automatiques qui permettent aux utilisateurs de découvrir des artistes sans le moindre effort. Ces abonnés font partie des 46% de consommateurs de musique ayant recours au streaming audio.

Cette croissance était d’ailleurs nécessaire au marché. En effet, le secteur montrait déjà de nets signes d’essoufflement dès les années 2000, a été déclaré en crise par de nombreux experts du domaine, et était en baisse constante jusqu’en 2016 où il a enfin pu enregistrer une croissance positive grâce au streaming. Cependant, le chiffre d’affaires réalisé en 2018 ne représente que 40% de celui de 2002, alors il reste encore du chemin à faire.

La vente physique sombre mais le vinyle tient le coup

Le streaming musical face aux ventes physiques

Si les ventes de musique en France vivaient un tel déclin, c’est parce que les supports physiques, pour la plupart, se vendent beaucoup moins. En effet, quand les plates-formes de streaming n’étaient pas encore très développées, en 2007, la vente de supports physiques représentait plus de 90% des revenus du marché de la musique, et la vente de ces supports était déjà en déclin constant depuis 2003.

Le déclin des supports physiques continue d’opérer à ce jour : en effet, les ventes physiques ont enregistré en 2018 une baisse de 15%. Cependant, ces ventes ne représentent plus que 41% du chiffre d’affaires du marché, et sont donc compensées par l’essor des services de streaming.

Cependant, si la vente physique sombre, ce n’est certainement pas dû au vinyle : au contraire, les ventes de vinyles enregistrent une hausse spectaculaire, multipliées par cinq en l’espace de cinq ans. Le support est en effet redevenu très tendance pour son côté vintage et les bonus qu’il offre à ses détenteurs. En effet, l’achat d’un vinyle comprend en plus du disque, la grande pochette en haute résolution avec notes d’accompagnement pour tout savoir sur la musique, ainsi qu’un code de téléchargement en format de haute qualité. De nombreuses personnes ont donc commencé à constituer leur propre collection de vinyles. Autant d’argument qui lui permettent de représenter 20% du marché physique de musique.

Ce qui explique donc la chute des ventes physiques, c’est la baisse constante du support CD, n’apportant plus de réel avantage au consommateur et n’arrivant pas à trouver des arguments de vente par rapport au vinyle ou à la vente en ligne.

La France en retard par rapport au monde en termes de streaming

Les autres pays d’Europe et du monde n’ont pas attendu la France pour adopter l’avènement du streaming musical. Si le streaming vient tout juste de dépasser la vente physique en France, c’était déjà le cas un peu partout ailleurs depuis quelques années. En effet, voici quelques signes du retard de la France en termes de streaming musical :

  • Le taux de pénétration du streaming musical dans le reste de l’Europe est de 25%, contre seulement 10% en France.
  • Les abonnés aux services audio payants au Royaume-Uni sont au nombre de 8,3 millions contre 5,5 millions d’abonnés en France, alors que la population est moindre.
  • Si le streaming représente 57% du chiffre d’affaires du marché de la vente de musique en France, ce pourcentage est aux alentours des 70% aux États-Unis et au Royaume-Uni.
  • Le chiffre d’affaires généré par le streaming musical en Allemagne en 2018 est plus de deux fois supérieur à celui généré par le streaming en France la même année, et ce, avec seulement 20 millions d’habitants en plus, et malgré un retard de cette forme de vente de musique dans ce pays.

Un retard qui est expliqué par certains par la montée en puissance des services payants, et que la mise en place d’offres pour les étudiants et pour les familles pourraient permettre de rattraper.

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